Toronto, ville immense du Canada, en hiver. La ville est gelée, les gens ne sortent que très peu pour s'engouffrer dans des bouches de métro qui les mèneront à une vie sous terre. La neige recouvre les trottoirs et perd de la place sur les routes où les voitures, les taxis et les bus semblent avoir gagner la bataille. Les habitants font crisser la neige sous leur pas et traversent les rues sur la neige brunie et ramollie par la pollution. Les grattes-ciel s'élèvent très haut à s'en perdre dans les nuages. Tout le monde s'emmitoufle dans son écharpe espérant échapper de nouveau à un rhume. La fin de l'hiver s'approche et se sent dans l'humeur de la ville.
- Putain j'en ai marre de me les geler ! grommela une jeune femme en soufflant dans ses gants pour réchauffer ses doigts.
- Si tu fermais comme il faut ton manteau déjà, peut-être que t'aurai moins froid, ria son voisin.
- Tout le monde n'a pas une petite surcharge pour se tenir au chaud, taquina une deuxième femme.
Ils marchaient tous les trois rapidement en direction de leur immeuble. L'homme s'arrêta pourtant net, visiblement vexé et repartit de plus belle en se renfermant.
- Oh Michael, tu ne vas pas te vexer ? ria la première femme.
- Je ne t'ai pas sonné, Peyton, répondit Michael.
- De vrais gamins. C'est incroyable !
- Bravo tu as encore une fois réussi à exaspérer Sara.
- Et voilà, c'est encore de ma faute, grogna-t-il.
La femme dénommée Sara leva les yeux au ciel en se retenant de soupirer. Pire que des gamins, ils étaient meilleurs amis et ils passaient tout leur temps à se chamailler, à vouloir vexer l'autre le plus rapidement possible.
- Je ne vois pas pourquoi tu t'énerves contre Peyton, commença Sara. C'est moi qui ai parlé de surcharge.
Michael tourna la tête vers Sara et la fixa de ses yeux bleus. Elle sourit tendrement quand elle s'attarda sur sa bouche et ses lèvres qu'il laissait toujours entrouvertes. Il sourit à son tour, malicieusement, sachant quel était la raison de ce changement d'atmosphère. Peyton soupira de l'autre côté de Michael et avança plus vite. Elle cria sans se retourner :
- Je vous rappelle qu'il est strictement interdit de faire ce que vous avez envie de faire maintenant dans un lieu public, qui est en plus un trottoir sur une rue à Toronto empruntée par je ne sais pas combien de personnes !
- Je crois que plein de gens sont au courant maintenant que c'est interdit, Peyton, cria Michael en retour.
- Comme si ça faisait des siècles qu'ils ne s'étaient pas sauté dessus, grogna doucement la jeune femme en ralentissant sa marche pour que les deux autres la rattrapent.
Michael s'apprêtait à remballer sa meilleure amie, mais il sentit son portable vibrer dans sa poche.
- Salut Liz, dit-il en décrochant. Qu'est-ce qu'il se passe ? Mmhm, étonnant. Ouais on arrive, on est à l'angle de la rue. À tout de suite.
- Qu'est-qu'il y a ? demanda Sara.
- C'est Pacey et Jennifer.
Dans un appartement au dernier étage d'un des plus grand immeuble de Toronto, deux jeunes gens règlent leur compte.
- Tu dois toujours faire comme si t'avais raison ! cria un jeune homme en faisant des gestes avec ses mains.
- Mais j'ai toujours raison, répondit calmement la jeune femme en face de lui.
- Arggh !!!! TU M'ENERVES !
Un peu plus loin, une jeune femme blonde un peu plus jeune qu'eux se tenait à l'écart, se rongeant les ongles. Son téléphone dans la main, elle tapait du pied, semblant attendre quelque chose ou quelqu'un. La porte d'entrée s'ouvrit et elle sursauta en courant en direction des nouveaux arrivés. Un homme apparut derrière le couple qui s'engueulait et se posta entre les deux, les bras croisés.
- Qu'est-ce qui se passe encore ici ? demanda Michael, sévèrement.
- Cet abruti n'arrête pas de se plaindre et n'agit même pas, répondit-elle.
- Et voilà c'est encore moi le con ici.
- Oui, Pacey, tu es un con, sourit-elle.
- Ça suffit Jennifer, répliqua Michael. Si vous êtes même pas capables de vous supporter, la collocation ne va plus être possible.
- Il est arrivé en dernier.
- J'aurai préféré rester où j'étais figure toi, grinça Pacey.
La porte d'entrée claqua à nouveau et deux hommes firent leur entrée dans la pièce principale. Ils remarquèrent Michael en position de médiateur entre Pacey et Jennifer et les trois autres filles qui se tenaient à l'écart, serrées l'une contre l'autre.
- Qu'est-ce qu'il leur arrive aux deux ? demanda celui avec les cheveux blonds.
- Une histoire de jumeaux, répondit doucement Elizabeth.
Jennifer haussa des épaules, sans prêter attention aux autres et s'approcha de son frère jumeau, qui se tendit en relevant la tête, les poings serrés le long de son corps.
- Pardon Pacey, dit-elle à la surprise de tout le monde.
- T'es sérieuse ? s'étonna celui qui n'avait encore rien dit. Comme ça, c'est tout ?
- Oui Sandy. Tout le monde n'est pas rancunier comme toi.
- Bon ça suffit ! dit Michael en levant les mains devant lui.
- Oui Papa, répondit mielleusement Jennifer et Peyton en même temps.
Elles éclatèrent de rire et les autres sourirent rapidement à leur tour, détendant l'atmosphère. Tout le monde se remit en route, allant de gauche à droite, parlant avec d'autres. Peyton discutait avec Pacey quand le meilleur ami de se dernier arriva derrière lui. Il posa une main sur son épaule et fixa intensément Peyton de ses yeux bleus. Il lui sourit tandis qu'elle sentit le rouge monter à ses joues et que Pacey se retournait vers lui.
- Lucas, dit-il. Tu me prives toujours des charmantes compagnies.
- Exactement, tu as tout compris, sourit Lucas à son meilleur ami.
- Je vous laisse, dit Peyton en baissant légèrement la tête sous le regard profond du jeune homme.
Pacey soupira en la voyant partir en hochant de la tête.
- Quoi ? demanda Lucas.
- Des fois je me demande pourquoi vous vous êtes séparés.
- Pour que je ne sois pas tenté de la tromper quand je croise une jolie fille.
Lucas tapa sur le dos de son ami en riant tout seul. Quant à Pacey, il sourit faiblement, sachant pertinemment qu'il jouait un rôle et qu'il n'avait sûrement pas totalement oublié Peyton.